Patrice Vankieken
Réflexologue à Nantes - Certifié titre RNCP
Patrice Vankieken
Réflexologue à Nantes - Certifié titre RNCP

L'importance du toucher dans le contact humain

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L’évolution de notre société et de notre culture nous a conduit à une relative distanciation depuis plusieurs années, voir depuis plusieurs dizaines d’années.

 

Le développement de l’individualisme certainement arrivé à son tournant, l’avènement des écrans pour le moins curieusement « tactiles » et récemment les mesures sanitaires liées au COVID nous font ressentir un manque de contact, un malaise suffisamment perturbant pour notre santé, au même titre que le tabagisme, l’obésité et bien d ‘autres.  Ne parle-t-on d’ailleurs pas de « cas contact » ?

 

Traiter de l’ensemble des modalités de contact humain sur un seul article s’avère bien sûr impossible et ça n’est pas le but. J’ai souhaité à travers ces quelques lignes coller au contexte actuel et rappeler à notre bon sens ce qui nous fait vivre, l’importance du contact humain et plus spécifiquement dans cet article le toucher.

 

Le sens du contact dès les premiers jours

 

Dans le ventre de leur mère, 2 jumeaux se font face. Ils ont 14 semaines.  A ce stade, les scientifiques ont pu observer de nombreux jumeaux qui tétaient le visage et les doigts de l’autre voire même leurs visages respectifs. Ce sont les premiers signes du toucher, au tout début de la vie, dans ce que qu’on peut entendre à ce stade bien sûr.

A l’opposé, vous avez peut-être entendu parler de ces expériences effectuées dans un autre temps, dans un hôpital où 2 groupes de bébés ont été étudiés :

 

  • un premier groupe où chaque enfant était nourri, propre,  installé dans un lit ou berceau approprié mais sans aucune attention humaine

 

  • l’autre groupe d’enfants disposait du même confort mais avec un contact affectif, une communication régulière.

 

Cette expérience a démontré de nombreux troubles chez les bébés sans lien d’affection, pouvant même aller jusqu’à provoquer la mort. Les travaux sur ce sujet de René Spitz, John Bowlby, Harry Harlow,  ont notamment contribué à établir la théorie de l’attachement.

 

Depuis lors, de nombreuses autres études ont mis en exergue les bienfaits du toucher chez l’enfant :

 

  • amélioration du sommeil,
  • renforcement du système immunitaire,
  • atténuation de l’agressivité et de l’hyperactivité
  • réduction de la pression artérielle,
  • etc...

 

qui restent valables à tout stade de notre vie.

 

Nous sommes donc nés pour former des liens d’attachement, pour se développer, ensemble, avec d’autres cerveaux, à l’aide d’une communication émotionnelle, quelle qu’elle soit

 

Quelle place semble avoir le toucher dans nos besoins ?

Peut-être connaissez vous ce que l’on appelle la pyramide de Maslow. Abraham Maslow, né au début du 20ème siècle était un psychologue dit humaniste. Il est surtout connu pour sa pyramide par laquelle il avait classé nos besoins de manière progressive en 5 grandes familles dans l’ordre suivant :

 

  1.  les besoins vitaux : respirer, s’alimenter, dormir, éliminer, se reproduire, faire l’amour
  2. la nécessité de se sentir dans un environnement en sécurité, en paix, prévisible et sans anxiété
  3. à mi-hauteur de la pyramide : besoin d’appartenance et d’amour autant surprenant que cela puisse être en 3ème position
  4. le besoin d’estime de soi
  5. le besoin d’accomplissement de soi

 

Ce classement peut permettre de mieux comprendre certains comportements ou de mieux agir sur certains choix. Il nous fait réfléchir, si nécessaire, sur le fait qu'il est inutile d'attendre d'un enfant tombant de sommeil qu'il se concentre sur ses devoirs, de la même façon que l’on ne peut pas attendre qu’un client fauché puisse acheter une montre de luxe ou qu’un collaborateur déstabilisé par le harcèlement moral de son petit chef puisse s’investir à fond pour sa boite.

 

Il peut induire aussi le caractère contradictoire de nos aspirations à une époque, où nous voulons l’électricité sans les fils électriques, le téléphone mobile sans les antennes, vivre pleinement mais sans contrainte ... etc. ... Si vous voyez ce que je veux dire, ... la liste est longue mais l’exercice très intéressant

 

Une chose est sûre, nous vivons un moment où le manque de contact génère un malaise important, voire une douleur y compris chez les jeunes, isolés et d’autant plus demandeurs de liens sociaux.

 

Le rôle général du toucher

Depuis des siècles et dans de nombreuses cultures, le toucher fait partie intégrante de la vie familiale. Il est une forme unique de communication, il crée des liens entre les personnes. Le toucher respectueux et régulier par l’environnement familial ou le personnel soignant procure un sentiment de sécurité, de soutien et d’amour

 

Une étude de l’Université de Californie à Berkeley menée sur des joueurs de basket ball a essayer de mettre en lien la performance des équipes avec le nombre de fois où ils se tapaient l’épaule, se faisaient l’accolade du buteur. Il est ressorti que les équipes bénéficiant des meilleures performances étaient celles qui se touchaient le plus.

 

Sur un plan physiologique, le toucher a un réel effet bénéfice sur votre corps. Il augmente la production d’hormones entrainant différents effets positifs. Parmi les plus courantes, on retrouve :

 

  • l’ocytocine, qui aide à augmenter la sensation de confiance,
  • le cortisol qui réduit le stress,
  • l’endorphine très connu également des sportifs qui agit comme un anti douleur

 

Le toucher thérapeutique en Réflexologie

La peau est l’organe le plus étendu de notre corps, comportant des récepteurs diverses et variés.

 

En Réflexologie plantaire on parle de toucher Réflexe. Il consiste entre différents gestes et notamment celui d’exercer une pression forte sur certains endroits du pied, au niveau de l’hypoderme, avec pour effet de déclencher directement certaines hormones liées au système nerveux. Suivant l’endroit où je me trouve j’aurai par exemple une action pour :

 

  • Stimuler la sécrétion d’adrénaline et de noradrénaline afin de diminuer la douleur (douleurs musculaires, ...)
  • contracter les voies pulmonaires afin de réduire l’incidence d’une crise d’allergie aux pollens ou au contraire les dilater pour favoriser la respiration dans le cas d’une crise d’asthme
  • stimuler la digestion lorsqu’elle s’effectue difficilement
  • ralentir très légèrement les battements cardiaques, contracter les pupilles pour calmer et atténuer les effets du stress

 tout en procurant un profond bien être.

En Réflexothérapie (méthode Niromathé), la technique que j’utilise davantage,  je pratique sur l’ensemble du corps (dos, torse, bassin, ainsi que tous les membres). La pratique est tout autre, c’est  la manipulation directe sur les tissus à l’endroit et proches des zones concernées par la et/ou le blocage qui visent à abaisser les douleurs musculaires et articulaires, voire fonctionnelles qui peuvent exister parfois depuis de nombreuses années.

 

Dans ces deux disciplines, c’est bien un toucher spécifique qui donne le message à la personne, à son corps pour que celui-ci puisse réagir afin de faire diminuer voir disparaître les douleurs, tension et/ou améliorer le fonctionnement d’un organe.

 

En Réflexologie, comme dans d’autres disciplines, nous favorisons largement l’homéostasie c’est à dire la capacité naturelle du corps à se rééquilibrer.

 

Le Réflexologue n’est alors qu’un intermédiaire comme peut l’être l’ostéopathe ou tout autre thérapeute qui manipule. Il effectue le geste manipulatoire pour donner l’impulsion au corps de se rééquilibrer.

Mon expérience du toucher en Réflexologie

En Réflexologie comme dans tout métier je suppose et au fur et à mesure de l’apprentissage et de la pratique, je sais détecter désormais une modification de la consistance des tissus lorsque je passe sur une zone qui peut induire des douleurs musculaires, des tensions,  je m’arrête parfois sur des zones où la différence est très subtile, je mémorise l’atténuation des tensions au fur et à mesure de la séance, les dénouements,...  Comme dans tout métier, c’est bien sûr la pratique qui accentue cette sensibilité.

 

Je dois dire également que le toucher que j’effectue en séance a un effet très bénéfique sur moi-même. Il m’arrive parfois d’échanger avec d’autres thérapeutes qui me confient être parfois fatigués voir « pollués » par certaines séances en récupérant en quelque sorte les énergies liées à ce pourquoi la personne vient consulter.  Ce phénomène est connu mais inconscient, tant pour le thérapeute qui donne que pour la personne qui reçoit.

 

J’ai la chance que chaque séance, me procure également un profond bien être et contribue à mon énergie et ma vitalité. Ce contact est devenu essentiel, il a donné encore davantage de sens à ce que je fais et il vient renforcer ma volonté d’aider l’autre à aller mieux.

 

Je n’utiliserai pas le mot « guérison » car il a pour moi un autre « sens » et il comporte bien d’autres aspects et d’autres dimensions extérieures au toucher.

 

S’adapter, résister ou se laisser être

J’ai hésité sur ce titre et ce mot « s’adapter » tant il m’a semblé pesant dans la situation actuelle. Nous l’avons beaucoup dit ... il semble que cette situation exceptionnelle et pourtant devenue pesante peut aussi nous faire réfléchir sur certains aspects de notre vie et pourquoi pas de revenir à certains principes

 

En tant que Thérapeute, je mesure ma chance, dans le respect du protocole sanitaire,  de pouvoir être en contact avec quelqu’un en apposant ma main sur son corps. Dans mon métier, la manipulation de la peau s’accompagne d’une intention.

 

Dans un contexte de vie normale (il me faut le préciser) donc en dehors de ce contexte sanitaire exceptionnel (ne l’oublions pas),... dans la vie de tous les jours, se prendre la main,  poser une main sur un bras, une épaule, s’étreindre, ... sont des gestes qui n’ont pas besoin d’être analysés, ils ont juste besoin de se vivre, de s’essayer, de se cultiver.

 

N’oublions jamais ce que nous sommes, des êtres vivants, ... quand bien même la Vie, de son côté, fait bien ce qu’elle veut...

 

Patrice Vankieken

Réflexologue Certifié Titre RNCP

Réflexothérapie vertébrale et périphérique – Réflexologie plantaire

19 boulevard Schumann – 44300 Nantes

 

Sources :

Ca m’intéresse – janvier 2019

CAPHC (association canadienne des services de santé pédiatriques)

Open Edition Journal – 18/2000  - Le no verbal dans la relation duelle

 

Liens :

Médecine alternative : pourquoi le toucher est si important ?

Le cerveau des bébés utilise le toucher pour se connecter


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