Patrice Vankieken
Réflexologue à Nantes - Certifié titre RNCP
Patrice Vankieken
Réflexologue à Nantes - Certifié titre RNCP

Le sommeil malmené (1ère partie)

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En 2019, la durée moyenne de sommeil est passée en dessous de 7h et plus d’un tiers des français affirme dormir moins de 6h par nuit ce qui constitue aux yeux de certains professionnels de santé un risque sanitaire de premier ordre.

 

Nicolas Goaran, auteur du livre « le sommeil malmené » évoque le fait que « le sommeil est recouvert d’une cap d’invisibilité :

 

« Ce sujet n’est pas vraiment pris en compte au niveau des instances publiques de santé malgré le fait que le sommeil est un enjeu de société majeur ! Il ne constitue pas à ce jour un sujet développé au sein des institutions  publiques et politiques. On a par exemple jamais communiqué publiquement sur les normes : entre 6 et 11 ans, il faut entre 9 et 11 h de sommeil et entre 25 et 65 ans, il faut au minium 7h... »

 

Le sommeil a des effets sur l'ensemble du corps

Historiquement et jusqu’à les années 90, le sommeil était un produit du cerveau pour le cerveau. On sait aujourd’hui que l’ensemble des organes fonctionne différemment entre l’état de sommeil et l’état de veille. Votre cœur, votre poumon, votre pancréas vont par exemple changer de physiologie au cours du sommeil.

 

C’est également durant la phase de sommeil lent et profond que ce dernier contribue à la réparation des tissus, cellules, au renouvellement des os, au rétablissement des connexions entre neurones etc...

 

Si vous impactez votre sommeil par une mauvaise hygiène, vous allez donc impacter l’ensemble de ces organes. Vous allez par exemple augmenter votre risque immunitaire autrement dit vous allez vous immunodéprimer et risquer de devenir plus vulnérable aux attaques des virus et autres éléments pathogènes environnant.

 

Quelques découvertes récentes...

 

Sous un autre aspect, des études scientifiques ont permis de s’apercevoir que le processus de réparation des cellules est plus efficace et plus rapide lorsque nous dormons. Le mauvais sommeil affecte également notre ADN qui se répare très mal si on ne dort pas.

 

Autre découverte plus préoccupante : au cœur des cellules nous avons comme des points d’évacuation des déchets qui diminuent en efficacité avec l’âge, en quelque sorte des « poubelles ». On s’est aperçu que le manque de sommeil empêchait ces « poubelles » de se vider, des individus très jeunes pouvaient ainsi se retrouver avec des «poubelles» comme en ont les personnes âgées.

 

Ce constat vient compléter une étude scientifique qui a démontré que l’une des fonctions du sommeil sert à « nettoyer » les neurones.  Dormir insuffisamment contribue donc à l’inverse à « encrasser » nos neurones. Un mauvais « nettoyage » se retrouve  notamment dans le fonctionnement de certaines pathologies tel que Alzheimer par exemple. 

 

Comment améliorer notre sommeil dont le manque est délétère pour notre santé ?

Le professeur Pierre Philippe, psychiatre, responsable de la clinique du sommeil au CHU de Bordeaux est en charge d’un programme d’étude et de rééducation du sommeil pour les personnes en souffrance sur ce sujet. De son expérience de 30 ans, il en a tiré un livre « antifatigue » et il évoque notamment ceci :

 

« Lorsque j’ai commencé ces études, j’ai tout d’abord été surpris comment les gens ont du mal à déterminer leur besoin de sommeil : une des raisons est la variation du rythme de sommeil entre le week-end et la semaine, ce que l’on nomme communément le « jet lag » du week-end. Vous retardez l’endormissement, le sommeil est contracté la semaine et la récupération se fait le week end, ce qui créé le début du problème 

 

Le premier objectif d’un programme d’aide au sommeil est de mettre les personnes dans un contexte de régularité qui va leur permettre de déterminer leur besoin : une des étapes fondamentales dans un premier temps »

 

Les grands principes du sommeil tel que nous les connaissons depuis quelques dizaines d’années sont-ils encore valables ? ou relégués au stade des idées reçues ?

 

 

VRAI OU FAUX ?

 

Je dois me coucher toujours à la même heure              FAUX

 

Il faut bien sûr tenir compte des contraintes horaires de notre vie personnelle et professionnelle mais c’est avant tout la durée d’éveil (en relation avec le jour, la luminosité) qui cale votre durée d’endormissement et non votre heure de coucher.

 

On peut dormir moins  sans fatigue à partir du moment

où nous avons un sommeil très profond et de qualité, sans réveil                      FAUX

 

Au risque de mettre au placard un certain nombre de livres voir best sellers sur le sujet :

 

  • Il est très rare en consolidé d’avoir des gens qui dorment moins de 6 heures. Les données épidémiologiques font état de moins de 1% de la population et il n’est pas rare que cela soit associé à des consommations de substances psychostimulantes,

 

  • le train du sommeil et le cycle ne sont pas aussi importants que cela, ce qui est important c’est l’amplitude de sommeil, celle nécessaire à notre organisme pour bien récupérer.  Cela implique également de vous écouter, le meilleur conseil en la matière est :  « allez au lit quand vous avez sommeil ! »

 

La sieste est conseillée pour compenser un déficit de sommeil    majoritairement  FAUX

 

  • La sieste de façon aiguë est extrêmement précieuse en particulier pour les personnes qui travaillent de façon décalée et qui ont besoin de recharger les batteries,

 

  • pour les autres, il faut savoir que lorsque l’on prend du sommeil dans la journée, même sur une courte durée, on abaisse sa pression de sommeil le soir et il faut vraiment avoir une bonne qualité du sommeil pour qu’elle n’ait pas d’incidence. Nous y reviendrons plus tard.

 

 

Il y a une part d’hérédité dans nos besoins de sommeil        VRAI

 

Eh oui, les coucous ne font pas des pies

 

La durée du sommeil de chacun semblerait ne pas être que biologique mais aussi génétique. Des études ont montré que le génome était un déterminant majeur de la durée du sommeil.

 

Des chercheurs de l'American Academy of Sleep Medicine (AASM) ont d’ailleurs constaté sur la base d’une étude effectuée sur une centaine d’individus que les personnes qui n’avaient besoin de dormir que 5h par nuit étaient porteurs d'un gène, le BHLHE41 qui avait muté.

 

La suite au prochain épisode ...

 

Si la suite vous tente, autrement dit si vos yeux ne se ferment pas à ce stade, je vous donne rendez-vous au prochain article où nous tenterons de répondre aux questions suivantes :

 

  • quels sont les bons gestes pour contribuer à retrouve un sommeil de qualité ou y a t il une méthode efficace ?
  • quel peut être le rôle de la Réflexologie dans le retour au sommeil

 

D'ici là, merci pour votre attention et surtout dormez bien !

 

Lien vers le sommeil malmené (suite et fin) : cliquez ici


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